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Article 123/A du Code pénal turc : Le délit de harcèlement persistant

Article 123/A du Code pénal turc : Harcèlement

(1) L'auteur de tels actes cause une détresse grave à une personne ou l'amène à s'inquiéter pour sa sécurité ou celle d'un de ses proches en la suivant physiquement de façon persistante ou en essayant de la contacter au moyen d'outils de communication, de systèmes d'information ou de tiers, est condamné à une peine d'emprisonnement de six mois à deux ans.

(2) Le crime;

a) Commettre le crime contre un enfant ou contre un conjoint qui a obtenu un jugement de séparation ou qui est divorcé,

b) Amener la victime à changer d’école, de lieu de travail ou de domicile, ou à quitter son école ou son emploi,

c) Le crime est commis par un délinquant contre lequel une ordonnance restrictive ou une mesure lui interdisant d’approcher la résidence, l’école ou le lieu de travail a été émise

Dans ce cas, l'auteur des faits est condamné à une peine d'emprisonnement d'un à trois ans.

(3) L’enquête et les poursuites relatives au crime réglementé dans le présent article sont susceptibles de recours.

Le harcèlement criminel, un délit qui menace la sécurité des victimes et porte gravement atteinte à leurs droits fondamentaux, notamment à l'ère du numérique, a été intégré au Code pénal turc en 2022. Ce délit, régi par l'article 123/A de la loi, a trouvé sa place dans notre système juridique en réponse à un besoin sociétal et à la recrudescence des cas de harcèlement. Grâce à cette disposition, des comportements auparavant considérés séparément comme relevant de différentes catégories d'infractions, telles que « outrage », « menace » et « trouble à l'ordre public », sont désormais définis comme un délit à part entière sous l'appellation de « harcèlement criminel ».

Le harcèlement criminel vise à porter atteinte au droit de la victime à vivre en paix et en sécurité en s'immisçant continuellement dans sa vie privée. Les agissements de l'auteur peuvent aller du fait de suivre physiquement la victime et d'envoyer des messages via les réseaux sociaux aux appels incessants et à la surveillance physique rapprochée. Cet article traite donc non seulement des comportements classiques de harcèlement, mais aussi des nouvelles méthodes apparues sur les plateformes numériques.


Le sujet juridique du crime et la valeur protégée

La valeur juridique fondamentale protégée par le délit de harcèlement est le droit de chaque individu à vivre librement sa vie privée, à préserver son intégrité physique et mentale et à jouir d'un sentiment de sécurité. À cet égard, la victime n'est pas seulement la personne menacée ; les membres de sa famille peuvent également en souffrir indirectement. Le législateur a érigé le harcèlement en infraction distincte afin de garantir à chacun la possibilité de vivre sans crainte ni contrainte.


Auteur et victime

L'auteur de ce crime peut être n'importe qui. Aucune qualification particulière n'est requise. Bien que la victime soit généralement une femme, toute personne peut en être victime, quel que soit son sexe. Le législateur a spécifiquement pris en compte les actes de harcèlement et de traque dont les femmes sont systématiquement victimes, mais a conçu la disposition de manière à protéger toute personne.


Éléments du verbe

Le harcèlement criminel est un délit commis lorsque l'auteur suit ou harcèle la victime de manière persistante, que ce soit physiquement ou par le biais de moyens de communication. Par exemple, appeler constamment la victime, lui envoyer des messages répétés sur les réseaux sociaux, se rendre à son domicile ou sur son lieu de travail, la suivre en voiture ou entrer en contact avec elle via de faux profils numériques. L'élément essentiel persistance . Un acte isolé ne constitue pas un délit ; une certaine continuité ou intensité des agissements est requise.


Élément spirituel

Le harcèlement criminel ne peut être commis que de manière intentionnelle. L'auteur doit sciemment et volontairement harceler la victime de façon continue et perturber sa tranquillité. Ce délit ne peut être commis par négligence, c'est-à-dire par imprudence ou insouciance. L'intention de l'auteur est manifeste lorsqu'il cherche à susciter chez la victime la peur, l'anxiété ou la pression.


Circonstances aggravantes du crime

L'article 123/A du Code pénal turc prévoit des circonstances aggravantes. La peine est alourdie si le harcèlement persistant est commis à l'encontre de l'enfant, du conjoint, de l'ex-conjoint ou du partenaire de la victime. De même, l'abus d'influence d'un agent public constitue une circonstance aggravante. Dans ces cas, la peine minimale d'emprisonnement est augmentée.


Sanction

Le législateur a prévu une peine d'emprisonnement de six mois à deux ans pour le délit de harcèlement . Toutefois, en cas de circonstances aggravantes, la peine peut être portée à un à trois ans . Cette réglementation privilégie la protection de la victime tout en visant à renforcer la dissuasion.


Mesures de protection et dispositions préventives

En cas de harcèlement, outre les sanctions pénales, des mesures préventives être mises en œuvre. Plus précisément, la loi n° 6284 relative à la protection de la famille et à la prévention des violences faites aux femmes permet de prononcer des ordonnances d’éloignement, des interdictions de communication et des injonctions d’éloignement. Ces mesures garantissent la sécurité de la victime pendant que la responsabilité pénale de l’auteur des faits est établie par la justice.


Pratiques et jurisprudence de la Cour suprême

Bien que les arrêts de la Cour suprême soient limités en raison de la relative nouveauté de la réglementation, la jurisprudence existante la persistance . Il est souligné qu'un appel ou un message isolé ne constitue pas un crime, mais que des comportements répétés qui troublent la tranquillité de la victime seront considérés comme une infraction.


Perspective internationale

Le harcèlement criminel est un délit non seulement prévu par le droit turc, mais également par les systèmes juridiques de nombreux pays. En particulier, la Convention d'Istanbul du Conseil de l'Europe impose aux États l'obligation de définir le harcèlement criminel comme une infraction distincte. Conformément à cette obligation, la Turquie a intégré l'article 123/A à son Code pénal, se conformant ainsi aux normes internationales.


Évaluation du point de vue de la défense et de la représentation des parties participantes

  • Du point de vue de la défense, on peut faire valoir que le comportement de l'auteur n'a pas dépassé le seuil de « persistance », qu'il était fondé sur une perception erronée de la victime, ou que la communication était réciproque.

  • Du point de vue de la représentation légale de la partie adverse , les rapports psychologiques de la victime, sa perception de la menace, les enregistrements de communication, les messages sur les réseaux sociaux et les déclarations des témoins constituent les éléments de preuve les plus importants.


Conclusion

Le harcèlement criminel est un enjeu crucial dans la société moderne pour la protection de la vie privée et du sentiment de sécurité des individus. L'article 123/A du Code pénal turc érige en infraction distincte l'une des formes les plus courantes de harcèlement subies par les victimes, et des sanctions dissuasives ont été instaurées. Cette réglementation vise à préserver à la fois les libertés individuelles et la paix sociale.

                                                                                                                          Ada Ceren KENDİGELEN

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